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Dossiers : bonnes pratiques

L'évolution des portails institutionnels

[Novembre 2006]

En cinq ou six ans, les portails institutionnels se sont métamorphosés. La plupart d’entre eux ont abandonné un design graphique approximatif et complètement réorganisé leur architecture d’information. Ils se sont mis à intégrer un nombre croissant d’actualités. L’évolution ne concerne pas uniquement la partie visible, mais également le « back office », avec la mise en place d’outils d’administration robustes, permettant de décentraliser la production des contenus.

 
AVANT
 
 
 
        
 
APRÈS
belgium.fgov.be (2002)  
belgium.be (2006)
 
L'ancien portail fédéral belge cumulait les maladresses
 
 
L'accès à l'information reste perfectible

Le site officiel de l'Etat fédéral belge - version 2002

[Prise d'écran - 19 août 2002 -
http://belgium.fgov.be via www.archive.org]

A peine quatre ans nous séparent de cette version au design pour le moins imparfait.

Un nom de domaine compliqué. Un logo mal détouré. Une architecture thématique insipide. Avouez que le découpage manque de consistance : « navigation », « *** », « autres ». Des acronymes peu conviviaux : Quel pourcentage de la population connaît le « SFI » ? Ne serait-il pas plus clair de parler de la « météo » plutôt que des prévisions « IRM » ? Des dates publiées dans un format anglais technique (« Mon Aug 19 15:48:17 2002 »). Des contrastes de couleurs abominables : blanc sur fond gris ou blanc sur fond jaune. Des visuels peu explicites, comme le « coup d’œil », sans légende, ou comme cette bannière trop visible vers le Residence Palace. L’absence de tri alphabétique. Une typographie variable, notamment dans l’usage des majuscules.

Enfin, comble d’ironie, l’accès à la version texte demeure perdu, au beau milieu de la page, en gris léger sur fond blanc… bonne chance aux personnes mal voyantes à qui cette fonctionnalité s’adresse !

 

Le site officiel de l'Etat fédéral belge - version 2006

[Prise d'écran - 23 novembre 2006 -
www.belgium.be
]

La nouvelle version du portail fédéral belge a résolu plusieurs problèmes. Le nom de domaine s’est simplifié : belgium.be, belgique.be et belgie.be conduisent tous trois, désormais, vers le portail officiel. Ce qui ne s’est pas fait sans mal, l’Etat belge a dû se rabattre, pendant quelques années, sur le seul belgium.be, les adresses belgique.be et belgie.be ayant été réservées, lors de la libéralisation des noms de domaine en 2001, par un privé installé aux Pays-Bas.

L’identité graphique a gagné en puissance et en clarté : un logo propre, soutenu par une mention « portail fédéral ». Le site propose un premier aiguillage par audience : citoyens, entreprises et particuliers ont droit à leur section. A l’intérieur de chacune de ces sections, des contenus pratiques sont proposés. Par exemple, une « ligne de vie » des entreprises permet d’accéder à des informations selon qu’il s’agisse de créer une entreprise, gérer une entreprise, transformer une entreprise ou arrêter son activité.

Certaines zones de contenu semblent toujours en chantier. Le moteur de recherche par mot clé est décevant. Par exemple, une recherche sur « carte d’identité » nous amène à nous perdre parmi 351 documents pas toujours très pertinents. Par défaut, les résultats sont classés par date, alors qu’un tri par pertinence nous semblerait infiniment plus efficace.

 

vlaanderen.be (1998)
 
 
vlaanderen.be (2006)
 
Une navigation d'un autre temps
 
 
L'approche portail poussée à son extrême
 

Le site officiel de la Communauté flamande - version 1998

[Prise d'écran - 1er février 1998 -
www.vlaanderen.be via www.archive.org]

Entrée en matière : « Ce site est développé avec des cadres (frames) et exige, au minimum, Netscape Navigator 2.0 ou Microsoft Internet Explorer 2.1 ». De telles indications techniques, fréquentes aux débuts du Web, ne sont plus acceptables aujourd’hui : c’est à l’éditeur à s’adapter, et non à l’utilisateur.

Le drapeau, sur cette page d’accueil, est imposant. L’image affichée par le navigateur est plus grande que l’image originale, ce qui conduit, par un effet d’extrapolation, à une perte de qualité.

La navigation n’apparaît pas dans le premier écran (certainement pas dans les écrans de l’époque). Un lien « rubriques » est proposé. Incroyable ! Il fallait donc cliquer pour découvrir les rubriques. On tombait ensuite sur une série de boutons thématiques (culture, économie, enseignement, politique intérieure, etc.), étalés au centre de la page. Trois ou quatre clics étaient nécessaires pour parvenir au contenu proprement dit. Même chose pour les news : elles ne remontaient pas à la surface. Aujourd’hui, la tendance est clairement d’afficher les actualités ainsi que l’accès aux rubriques principales d’un site web directement sur la page d’accueil. Ce qui amène un gain de temps considérable et une plus grande transparence de l’offre de contenu.

 

Le site officiel de la Communauté flamande - version 2006

[Prise d'écran - 23 novembre 2006 -
www.vlaanderen.be
]

Le portail actuel de la Communauté flamande se situe à l’opposé de la version de 1998 (voir ci-contre). Les cadres (frames) ont été abandonnés, comme dans la majorité des sites professionnels actuels. Le site n’est plus handicapé par des barrières techniques. Il porte le label « blind surfer » et propose des fonctions qui améliorent son accessibilité, comme la possibilité d’agrandir la taille des caractères.

Le nouveau portail fait remonter un maximum d’information en surface. Les thèmes traités, les actualités et les liens intéressants sont accessibles en un clic au départ de la page d’accueil. Le site a une vocation d’aiguillage : « Vlaanderen.be - uw wegwijzer binnen de Vlaamse overheid » (traduction approximative : Vlaanderen.be - pour trouver votre chemin au sein des institutions flamandes).

A notre avis, l’éditeur est allé trop loin : la quantité d’information mise à plat sur la page d’accueil nous semble excessive. Trop d’info tue l’info. Cette page d’accueil est assommante et n’incite pas à la lecture. Les dossiers, dans la colonne de droite, ont l’air sympathiques, mais leur format presque publicitaire, encore une fois, n’est pas ce que l’on fait de mieux pour attirer les utilisateurs. Nous conseillons davantage de sélectivité éditoriale pour une meilleure mise en valeur de l’information.

 

wallonie.be (2001)
 
 
wallonie.be (2006)
Un carrefour convivial mais équivoque
 
 
Ergonomie améliorée et nouvelle charte graphique
 

Le site officiel de la Région wallonne - version 2001 (via archive.org)

[Prise d'écran - 17 août 2000 -
www.wallonie.be via www.archive.org]

Cette prise d’écran du Carrefour de la Région wallonne date de 2000 et n’est donc pas directement comparable avec notre exemple flamand précédent. L’atmosphère est plutôt sympathique : de petites photos offrent une mosaïque d’impressions sur la Wallonie, des infrastructures modernes à la campagne profonde.

Les intitulés « découvrir », « connaître », « entrer », « poser », « trouver » ou « commander » ont le côté interpellant d’un verbe d’action, mais ils restent particulièrement opaques. Ce n’est qu’en passant la souris sur les éléments qu’on obtient davantage de précisions. Par exemple, la rubrique « Entrer » conduit vers le Guichet unique, tandis que la rubrique « Trouver » concerne les textes réglementaires. Mais tout cela n’est pas transparent a priori. La rubrique « Index » portait également très mal son nom. En réalité, elle abritait un moteur de recherche par mot clé.

Notez qu’à cette époque, les actualités n’étaient pas affichées en page d’accueil, mais accessibles via une rubrique dédiée. Tous les titres de rubriques étaient intégrés sous forme d’images. Une stratégie qu’on évite, de nos jours, pour des raisons de performances, de souplesse des mises à jour, d’accessibilité et de référencement.

 

Le site officiel de la Région wallonne - version 2006

[Prise d'écran - 23 novembre 2006 -
www.wallonie.be
]

Le nouveau portail de la Région wallonne apporte plusieurs améliorations. L’agenda et les actualités sont affichés au premier plan. On a affaire à un site qui vit. L’ergonomie a été peaufinée : les intitulés sont davantage transparents et les outils de navigation (le moteur de recherche en particulier) sont intégrés beaucoup plus efficacement, dans le respect des standards du média. Des entrées thématiques sont proposées (emploi, énergie, logement, etc.) ainsi qu’une approche par audience (particuliers / entreprises) à l’instar du portail fédéral. A quelques exceptions près, comme la présence trompeuse de six versions linguistiques, l’architecture nous semble assez efficace.

En revanche, nous ne sommes pas fans de la nouvelle charte graphique. Ces blocs imposants, au centre de l’écran, dévorent un espace qui pourrait être utilisé pour mieux mettre en valeur les actualités. L’ambiance visuelle du portail wallon nous laisse aussi froids que celle de son compère flamand. Portail rimerait-il avec épouvantail ? Qu’est-ce qui explique que des sites qui fournissent un bel effort sur le plan de la structuration de contenu et de l’ergonomie en viennent à appauvrir à ce point l’environnement visuel et la présentation des actualités en particulier ? La question nous interpelle et je pense que nous pouvons nous attendre à des évolutions dans les années qui viennent.

 

europa.eu.int (1997)  
europa.eu (2006)
 
Un graphisme préhistorique  
Entrées thématiques et institutionnelles
 

Le site officiel de l'Union européenne - version 1997 (via archive.org)

[Prise d'écran - 4 janvier 1997 -
http://europa.eu.int via www.archive.org]

Pas besoin de long discours. Un seul regard vers cette page datant des origines du Web vous démontrera l’évolution des styles.

Agrémenté d’un dégradé pixelisé et d’un tapis de drapeaux auquel on a appliqué un effet de perspective discutable, le logo, à lui seul, sort tout droit de la préhistoire du web design. Quelques hyperliens en vrac sont séparés par des lignes horizontales aussi élégantes qu’une tache de café sur un veston blanc. Une navigation brochuriste. Des majuscules qui alourdissent une police de caractères pourtant déjà musclée.

Cependant, il nous faut être indulgents. La Commission européenne a fait partie des pionniers du Web. En 1997, des centaines d’institutions et entreprises n’avaient pas encore franchi le cap de la simple présence sur Internet. L’Union européenne ouvrait déjà une boîte postale électronique en 10 langues et organisait des « chats » (discussions en temps réel) avec certains Commissaires, comme Marcelino Oreja sur cette page d’accueil.

 

Le site officiel de l'Union européenne - version 2006

[Prise d'écran - 23 novembre 2006 -
www.europa.eu
]

Le site Europa reste, ni plus ni moins, le plus gros site internet de la planète. Bientôt en 23 langues, il contient des millions de pages web, alimentées par des centaines de webmasters. Dans ce contexte, la page d’accueil nous paraît plutôt réussie. Les zones sont claires, le site combine des entrées institutionnelles avec des entrées thématiques, l’ambiance graphique est sérieuse mais pas terne, l’éditeur s’est forcé à pratiquer une rigoureuse sélectivité éditoriale. Ce qui fait de ce portail le vainqueur de notre petite étude.

Le moteur de recherche par mot clé, qui est resté longtemps le gros point noir de ce carrefour européen, semble avoir repris du poil de la bête.

En revanche, face à cet immense volume de contenu qu’elle est amenée à gérer, l’Union européenne n’est toujours pas parvenue, semble-t-il, à imposer une solution satisfaisante de gestion de contenu. Le WCM (traduisez : Web Content Management) est toujours en chantier.

 


NDLR : L'objectif de la présente rubrique est de mettre en évidence certaines faiblesses et certains points forts ponctuels d'une série de sites internet. Il ne s'agit en aucun cas d'une évaluation globale et définitive des sites web.

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