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Candidats à la présidence américaine : face à face

[Novembre 2008]

Comment les candidats à la présidence américaine exploitent-ils le média Internet ? Comment la campagne est-elle menée en ligne dans un pays qui garde bien souvent une longueur d'avance en matière de Web ? Ce mois-ci, nous confrontons les pages d'accueil de Mc Cain et d'Obama à l'approche des élections. Une analyse totalement indépendante de toute conviction politique.

John Mc Cain

John Mc Cain

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Source : www.johnmccain.com
[prise d'écran effectuée le 27 octobre 2008]

Appréciation d’ensemble :
La page d’accueil du site web de John Mc Cain fourmille de contenus colorés qui mettent directement le visiteur à contribution. Bien que limitée à deux écrans dans sa longueur, elle nous apparaît un peu éparpillée et redondante par endroits. La palette de couleurs se disperse un peu. Avec un effet « sapin de noël », que certains décoderont positivement comme une pré-ambiance de victoire. En termes de design, cette page est plus « chaude » mais moins lisible que celle de Barack Obama.

(1) Le bandeau d’identité contient une photo de face de John Mc Cain, aux côtés de sa colistière Sarah Palin. On dirait la photo d’un couple. Ce qui donne une connotation très classique et très américaine à ce tandem. Le nom des candidats et leur slogan politique apparaissent bien visibles. L’accès à la version espagnole, en revanche, est perdu dans la nuit.

(2) La barre de menu centrale contient 10 éléments de navigation, contre 8 sur le site d’Obama, qui gagne en simplicité. Du coup, sur le site de Mc Cain, la police de caractère se fait plus étriquée. Certains titres (comme « News & Media ») pourraient être raccourcis. Le texte clair sur fond sombre (blanc sur bleu, dans le cas présent) n’offre pas un aussi bon confort de lecture que le texte sombre sur fond clair.

(3) Certains menus (« Issues » ou « Coalitions ») sont tellement longs qu’ils n’ont même pas la place pour se dérouler complètement. Quel que soit le navigateur que vous utilisez, Internet Explorer ou Mozilla Firefox, certains contenus risqueront de vous échapper ainsi complètement. Par ailleurs, les « Issues » ne sont pas présentées dans une séquence alphabétique. Ce qui crée un sentiment de désordre.

(4) Un « Click here », fort présent, en vert fluo, nous laisse perplexe quand à son effet. Sert-il à confirmer le choix dans la liste déroulante à sa gauche ? Il semble que non. Il nous paraît étrange de rendre si voyante une fonctionnalité aux effets peu prévisibles. De manière générale, un intitulé « Click here » ne donne aucune indication sur l’effet escompté.

(5) Le bouton « Close » permet à l’utilisateur de supprimer une zone de la page d’accueil (la zone de localisation des endroits de vote). Cette tendance à donner aux visiteurs la possibilité de manipuler dynamiquement les pages se fait de plus en plus marquée dans les sites web actuels.

(6) Les micro-contenus proposés sur la gauche de l’écran contiennent, d’un point de vue rédactionnel, des accroches bien tranchantes : « Faites un don, aujourd’hui ! », « Pourquoi voter Mc Cain », « Expliquez à Obama qu’on n’est plus en 2004 ! »,… De fait, les candidats à la présidence américaine n’hésitent pas à critiquer ouvertement leur concurrent, de manière très tranchée.

(7) Une vidéo est proposée en plein centre de l’écran. La barre de contrôle de cette vidéo (boutons « stop », « play », etc.) est graphiquement personnalisée. Ce qui permet une intégration réussie et rajoute au professionnalisme du site.

(8) La zone dédiée aux volontaires (« Volunteer headquarter ») contient de multiples appels à l’action, rédigés de manière très incitative : « Joignez l’équipe ! », « Recrutez des amis ! », « Inscrivez-vous ! »,... Selon nous, les actions proposées sont trop nombreuses et trop hétéroclites. La zone équivalente, chez Obama, nous paraît nettement mieux structurée.

(9) Une galerie de photos est disponible dans la seconde partie de la page. Ces photos donnent de la vie au site. Elles reflètent une ambiance de victoire. Elles replacent la campagne dans sa réalité populaire, apportant une chaleur qu’on ne retrouve pas sur le site d’Obama.

(10) Le moteur de recherche par mot clé est relégué dans le coin inférieur droit de la page où il se fait trop discret. Ce n’est pas l’endroit habituel pour positionner cette fonctionnalité. Pas plus mal, dirons-nous, car ce moteur s’avère très imparfait. Nos recherches sur « Obama », « Peace » ou « Economy » n’ont généré aucun résultat !

Barack Obama

Barack Obama

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Source : www.barackobama.com
[prise d'écran effectuée le 27 octobre 2008]

Appréciation d’ensemble :
La page d’accueil de Barack Obama est beaucoup plus longue. L’ascenseur court sur plusieurs écrans. Mais les éléments les plus stratégiques ont été rassemblés dans la partie haute de la page, soit le premier écran. La palette de couleurs, rigoureusement maîtrisée, alterne le bleu, le rouge et le blanc. Les contenus sont aussi incitatifs que sur le site web de John Mc Cain. L’ambiance graphique est plus froide, mais la lisibilité, quasi irréprochable. Obama joue, par ailleurs, la carte des médias sociaux.

(1) La photo de Barack Obama adopte un angle très différent de celle de John Mc Cain. Obama ne nous regarde pas de face, mais scrute l’horizon avec le sourire, comme empreint d’une vision confiante. Ce qui colle avec le message d’espoir, véhiculé dans le bandeau.

(2) La zone supérieure droite héberge un mélange de fonctionnalités qui restent un peu compliquées à nos yeux : création d’un accès personnalisé, information géographiquement localisée,... L’accès à la version espagnole est bien visible (davantage que chez Mc Cain), mais, graphiquement, le bouton gris dénote un peu.

(3) L’icône « Home » nous paraît une excellente idée pour alléger la barre de menu. Bien qu’un peu petit sur cette page, le sigle représentant une maison reste une convention largement partagée pour désigner le retour à la page d’accueil. Il évite de devoir rajouter un lien texte dans la barre de menu thématique.

(4) La barre de navigation centrale nous semble bien plus lisible que sur le site de John Mc Cain. Et ce, pour différentes raisons : des rubriques en nombre limité, des intitulés concis, du texte bleu foncé sur fond blanc, une bonne aération et de fines lignes séparatrices. Le confort de lecture s’en ressent. Les menus déroulants qui comprennent de trop nombreux items (comme la longue liste des Etats) sont organisés sous la forme de colonnes. Une solution technique dont le site de Mc Cain ferait bien de s’inspirer.

(5) Les appels à l’action ressortent encore plus clairement que sur le site de Mc Cain. En particulier, le bouton rouge « Faites un don et recevez un cadeau » (« Donate and get a gift ») attire l’œil par le contraste de couleur.

(6) La zone de contenu centrale accueille, à tour de rôle, quatre focus, que l’utilisateur peut activer par une navigation locale. Ce procédé est de plus en plus utilisé sur les sites web. Il permet une meilleure gestion de l’espace : plutôt que de morceler le contenu en un puzzle indigeste, composé de petites pièces qui se font concurrence, mieux vaut parfois alterner les contenus et leur faire occuper un espace plus grand, plus confortable.

(7) La zone dédiée aux actions est structurée de manière beaucoup plus efficace que chez Mc Cain. « 5 choses que vous pouvez faire » : la formulation est sans ambiguïté et la mise en page soutient le propos. L’association des icônes et des libellés textuels s’avère efficace.

(8) Le blog d’Obama s’ajoute aux « News » plus classiques. Le blog est alimenté par la « communauté » qui entoure Obama. Il est ouvert aux commentaires. Moyennant une politique de modération, bien évidemment.

(9) Les événements prennent beaucoup de place dans la page. Et il y a beaucoup de redondance, étant donné que le même événement a lieu, bien souvent, le même jour, dans différents Etats. Organiser cette rubrique par zone géographique nous paraîtrait préférable.

(10) La section « Obama everywhere » démontre l’active présence d’Obama sur tous les outils sociaux en ligne : de FaceBook à YouTube, en passant par FlickR, Twitter, LinkedIn, MySpace, et bien d’autres. A titre anecdotique, Obama compte 2.368.000 fans sur FaceBook, contre 618.000 pour John Mc Cain.

NDLR : L'objectif de la présente rubrique est de mettre en évidence certaines faiblesses et certains points forts ponctuels d'une série de sites internet. Il ne s'agit en aucun cas d'une évaluation globale et définitive des sites web.

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